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61% des nappes phréatiques françaises sous les normales après un été record

Rédaction ZapmoBRGMil y a 20 j
61% des nappes phréatiques françaises sous les normales après un été record
Lu-xin · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le dernier bilan du BRGM, arrêté au 1er septembre, confirme une situation dégradée des nappes phréatiques françaises : 61 % des points de suivi affichent des niveaux inférieurs aux normales mensuelles, contre 44 % un an plus tôt à la même date. L'organisme public pointe des précipitations efficaces insuffisantes en août et une demande en eau restée soutenue tout au long du mois.

Le drainage des aquifères s'est poursuivi sans relâche : 90 % des points de suivi enregistrent une baisse de niveau, 8 % restent stables et seulement 2 % affichent une remontée. Cette intensité de vidange dépasse celle observée en août 2025, signe d'une dégradation qui continue de s'aggraver d'une année sur l'autre.

Les situations varient fortement selon les régions. Les aquifères du Limousin, les calcaires du Jura et la plaine d'Alsace du Nord affichent des niveaux très bas, tandis que les formations de la Vistrenque conservent encore des réserves satisfaisantes. À l'inverse, les nappes à recharge rapide, comme les calcaires karstiques du Quercy, se stabilisent grâce à des précipitations orageuses ponctuelles — sans toutefois compenser le déficit accumulé depuis le printemps.

Le BRGM identifie plusieurs causes cumulatives : l'absence de précipitations efficaces depuis le mois de mai, des températures élevées persistantes depuis juin qui favorisent l'évapotranspiration, et des prélèvements soutenus pour l'irrigation agricole comme pour l'alimentation en eau potable. « La demande d'eau reste importante pour la végétation et les activités humaines », souligne l'organisme dans son bulletin.

Les perspectives pour l'automne restent incertaines : Météo-France prévoit une probabilité de températures supérieures aux normales, un scénario défavorable à la recharge des nappes, et seule la façade atlantique devrait bénéficier de précipitations excédentaires. Le BRGM prévient que « les niveaux piézométriques seront inévitablement plus bas que ceux observés en 2025 », avec une vigilance particulière requise pour les aquifères sensibles aux sécheresses prolongées comme ceux du Limousin.

Comparée à la crise de 2022, la situation actuelle apparaît globalement moins sévère dans la plupart des régions, à l'exception du Massif central, du Jura et des Vosges. Elle reste en revanche nettement plus dégradée qu'en 2023, qu'en 2024 — année exceptionnelle marquée par un été humide — et qu'en 2025. Le ralentissement des prélèvements agricoles après la fin de la saison d'irrigation devrait toutefois soulager en partie la pression sur les réserves dans les prochaines semaines.

Source originale : BRGM↗