Politique & Société

Budget européen : Benjamin Haddad dément tout « rabais » pour la France

Rédaction ZapmoPublic Sénatil y a 19 j
Budget européen : Benjamin Haddad dément tout « rabais » pour la France
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères · Licence Ouverte (Wikimedia Commons)

Le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a démenti le 17 septembre toute volonté de la France de demander une réduction de sa contribution au budget européen. « Ce n'est pas un rabais », a-t-il tranché, en réponse aux informations selon lesquelles Matignon aurait porté une demande de baisse auprès de Bruxelles.

Haddad explique la confusion par un mécanisme purement comptable : l'Union européenne a mis en place une nouvelle taxe numérique visant les grandes plateformes, dont Google, censée rapporter environ 4,6 milliards d'euros de recettes propres. Comme le budget européen repose à environ 90 % sur les contributions nationales des États membres, toute nouvelle ressource propre entraîne mécaniquement une baisse de la part versée par chacun — dont la France — sans qu'il s'agisse pour autant d'une remise en cause politique du niveau de la contribution française.

Le ministre s'est entretenu la semaine précédente à Bruxelles avec le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, dans le cadre des discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union, qui couvrira la période 2028-2034. Il y défend une ligne constante de la diplomatie française : le développement de nouvelles « ressources propres » pour l'UE, telles qu'une taxe carbone aux frontières, une taxation des petits colis importés ou une fiscalité sur les services numériques, plutôt qu'une hausse des contributions nationales.

Le sujet reste sensible sur le plan intérieur. Une réduction de 5 milliards d'euros avait déjà été évoquée par le passé par l'ancien ministre Bruno Le Maire, et le Rassemblement national milite depuis plusieurs années pour une baisse structurelle de la contribution française au budget de Bruxelles — une demande que le gouvernement continue officiellement d'écarter.

Haddad a également rappelé un argument régulièrement mis en avant par Paris dans ces négociations : la France reste la première bénéficiaire nette du budget européen via la politique agricole commune (PAC), ce qui nuance, selon lui, le débat sur le seul niveau de la contribution versée par le pays.

Source originale : Public Sénat↗