Élections sénatoriales le 27 septembre, le RN vise un premier groupe au Sénat

La moitié du Sénat, soit 178 sièges sur 348, sera renouvelée le 27 septembre. Portée par ses succès aux dernières municipales, le Rassemblement national espère y décrocher un événement inédit sous la Ve République : la formation de son tout premier groupe parlementaire au Palais du Luxembourg.
Le parti ne compte aujourd'hui que trois sénateurs, élus en 2023 dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-et-Marne, qui siègent comme non-inscrits, loin du seuil de dix élus nécessaire pour constituer un groupe. Le RN vise en particulier le Var, les Bouches-du-Rhône et surtout les Alpes-Maritimes pour combler cet écart lors du scrutin de septembre.
Cette perspective a conduit le Sénat à s'organiser en coulisses pour l'arrivée possible de cette nouvelle force politique — jusqu'à devoir, selon l'expression employée en interne, « pousser les murs » pour l'accueillir dans l'hémicycle et lui attribuer des locaux, une première dans l'histoire de la chambre haute.
Au-delà du RN, le scrutin ne devrait pas bouleverser les grands équilibres du Sénat : la majorité de droite et du centre conduite par le président Gérard Larcher devrait se maintenir, tandis que le groupe centriste pourrait voir son poids renforcé. Les Républicains, en revanche, anticipent un recul, et la gauche cherche avant tout à limiter la casse dans un contexte électoral plus favorable à la droite et à l'extrême droite.
L'entrée du RN au Sénat, si elle se confirme, marquerait une étape supplémentaire dans l'implantation du parti dans les institutions françaises, après ses percées à l'Assemblée nationale et dans de nombreuses mairies lors des scrutins précédents.