Fausse information sur Rima Hassan : LFI réclame la démission du ministre Nuñez

L'émission « Complément d'enquête » de France 2 a révélé, dans un numéro diffusé les 16 et 17 septembre, que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez aurait lui-même contribué à diffuser des informations non vérifiées sur une prétendue détention de stupéfiants par l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, lors d'une garde à vue survenue en avril. Cette enquête pour stupéfiants avait pourtant été classée sans suite après analyse des produits retrouvés.
Selon les éléments recueillis par les journalistes, interrogé « hors micros » dans un train lors d'un déplacement aux côtés du Premier ministre, Nuñez aurait répondu « il se peut que ce soit exact » à propos de la drogue, avant de qualifier lui-même les produits, de façon approximative, de « truc de synthèse » et de possible « dérivé de la cocaïne » — tout en reconnaissant ne pas être expert du sujet. L'entourage du ministre conteste toutefois le cadre de cet échange, affirmant qu'il s'est tenu à l'initiative des journalistes et qu'il portait sur des éléments déjà connus publiquement.
L'avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, dénonce des faits d'une « exceptionnelle gravité », qui caractériseraient selon lui une atteinte au secret de l'enquête et à la présomption d'innocence de sa cliente. Il réclame l'ouverture d'une information judiciaire afin d'identifier les personnes à l'origine de ces fuites, ainsi qu'une audition rapide du ministre par un juge d'instruction.
Du côté de La France insoumise, la réaction est sans détour : le mouvement, par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, estime que « Laurent Nuñez doit tirer les conséquences de la gravité des faits mis en lumière » et réclame purement et simplement sa démission. LFI dénonce un « acharnement » contre une figure de l'opposition et une « atteinte supplémentaire » aux droits de l'eurodéputée.
L'affaire replace sous tension les relations déjà difficiles entre le ministère de l'Intérieur et LFI, alors que Rima Hassan fait par ailleurs l'objet de nombreuses autres procédures judiciaires distinctes, sans lien avec cette garde à vue d'avril.