Lycées bloqués partout en France : la mobilisation monte d'un cran ce mardi 6 octobre

Après plus d'une semaine de blocages, le mouvement lycéen ne faiblit pas. Les organisations de jeunes appellent à un nouveau temps fort ce mardi 6 octobre, avec manifestations dans plusieurs villes et, pour la première fois, le renfort annoncé de syndicats d'enseignants et de salariés.
Le mouvement est parti d'un ras-le-bol accumulé : classes surchargées, bâtiments dégradés, professeurs absents et non remplacés. Selon les représentants du secteur, ces alertes sur le manque de moyens et de personnels — enseignants, infirmières, assistants sociaux — remontent à une dizaine d'années.
L'ampleur est inédite depuis plusieurs années. Le 2 octobre, environ 735 établissements étaient encore perturbés d'après les chiffres relayés par la presse spécialisée, un niveau en légère baisse par rapport à la veille mais qui reste très élevé. Pour ce début de semaine, des centaines d'établissements ont choisi de suspendre les cours ou de fermer préventivement : une dizaine de lycées en Gironde, 17 dans l'académie de Toulouse, et des fermetures signalées en Loire-Atlantique, en Normandie ou en Maine-et-Loire.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a reçu le 2 octobre des représentants des élèves, des enseignants et des parents. Il a reconnu un problème de « démocratie scolaire », annoncé une plateforme de concertation sur trois semaines, un plan pour mieux remplacer les professeurs absents en priorité dans les classes à examen, et la possibilité de cours à distance quand un établissement doit fermer pour raisons de sécurité.
Ces annonces n'ont pas convaincu les organisations lycéennes, qui estiment ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes » et appellent à poursuivre les blocages. Côté adultes, l'intersyndicale de l'éducation, dont le SNES, appelle les personnels à rejoindre le mouvement mardi, y compris par la grève, et des confédérations comme la CGT et Solidaires ont annoncé leur participation.
Le climat reste tendu : 65 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés en marge de certains blocages, dont une quarantaine de chefs d'établissement. Les représentants lycéens se sont publiquement désolidarisés des violences. La journée de mardi, notamment la manifestation parisienne, dira si le mouvement s'installe dans la durée ou si le dialogue ouvert par le ministère prend le relais.