Politique & Société

Grenades assourdissantes : l'usage de l'EF-SON suspendu après la grave blessure d'un lycéen à Lens

Rédaction ZapmoLe Mondeil y a 11 h2 min
Vidéo Zapmo · photo G.Garitan · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le gouvernement a pris la décision de suspendre l'utilisation de certaines grenades assourdissantes lors des manifestations, à la suite d'un grave incident survenu à Lens. Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée au cours d'une mobilisation lycéenne, provoquant une vive émotion et une intervention rapide des autorités pour geler l'emploi de cet armement controversé.

L'objet mis en cause est la grenade assourdissante de type EF-SON, également désignée sous le nom d'ASSD. Fabriquée par l'entreprise française Alsetex, partenaire historique du ministère de l'Intérieur, cette munition était en dotation dans les rangs des forces de l'ordre depuis un an. Faisant partie de la catégorie des grenades de désencerclement, elle est conçue pour provoquer des détonations extrêmement puissantes atteignant 160 décibels, capables d'engendrer des lésions graves, notamment sur le plan auditif.

Face à la gravité des faits, le directeur de la police nationale a fait passer la consigne mardi 6 octobre d'interrompre l'utilisation de la EF-SON « à titre conservatoire ». Le lendemain matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a officialisé cette mesure en annonçant la suspension provisoire de l'usage des grenades assourdissantes spécifiquement « pour le mouvement lycéen ».

Si cette interdiction temporaire cible cette arme précise dans le cadre de la mobilisation actuelle, les forces de l'ordre restent autorisées à employer d'autres équipements de maintien de l'ordre. Parallèlement aux annonces politiques, la justice et les autorités administratives se sont saisies de l'affaire pour faire la lumière sur les circonstances exactes du drame.

Au total, dix-huit enquêtes de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) ont été ouvertes pour examiner les interventions et l'usage de ces armes de force intermédiaire. Cette suspension relance le débat persistant autour des méthodes de maintien de l'ordre et de la dangerosité de certains équipements utilisés lors des manifestations en France.

Source originale : Le Monde↗