Politique & Société

Un impôt de 1 000 euros sur les employés étrangers proposé par le RN pour 2027

Rédaction ZapmoLes Echosil y a 1 h2 min
Vidéo Zapmo · photo Sunala · CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite fondé en 1972 et anciennement connu sous le nom de Front national jusqu'en 2018, prépare activement l'échéance présidentielle de 2027. Dans cette perspective, la formation politique a dévoilé un contre-budget pour l'année 2027 ainsi qu'une trajectoire financière globale pour le prochain quinquennat. Ce plan prévoit notamment des mesures d'économies massives présentées par Marine Le Pen, avec un objectif de 66,4 milliards d'euros d'efforts dès 2027 et 140 milliards d'euros d'économies nettes d'ici 2032.

Parmi les propositions phares de ce programme figure une mesure qui suscite de vives réactions dans le milieu économique. En s'appuyant sur le principe de « priorité nationale » défendu par son mouvement, Marine Le Pen a officialisé le 6 octobre la création d'une taxe annuelle de 1 000 euros s'appliquant à l'emploi de salariés extracommunautaires. Cette disposition vise directement les entreprises qui emploient des travailleurs originaires de pays situés en dehors de l'Union européenne.

Cette imposition additionnelle a immédiatement fait bondir le patronat et les milieux d'affaires, provoquant un débat intense sur la viabilité et l'impact d'un tel dispositif sur le marché du travail. Du côté du gouvernement en place, la réponse n'a pas tardé à tomber. Les ministres de l'Économie et des Comptes publics ont vertement critiqué l'ensemble du programme budgétaire présenté par la candidate, le qualifiant de projet « en carton-pâte » qui « raserait gratis » tout en estimant qu'on y « rêve en couleurs ».

En parallèle, plusieurs économistes se sont penchés sur les chiffres avancés par le parti d'extrême droite. Leurs analyses qualifient les mesures de ce contre-budget de « fragiles et discutables », malgré l'affichage d'une croissance maintenue à 1,8 % en dépit des efforts budgétaires drastiques demandés. Le programme global du RN ne se limite pas à cette taxe sur les salariés étrangers et touche à de nombreux autres aspects institutionnels et sociaux, comme le projet de supprimer les intercommunalités.

Alors que la course à l'élection présidentielle de 2027 s'installe progressivement au cœur du débat public, l'affrontement entre la vision économique du Rassemblement national et celle de l'exécutif se cristallise autour de ces propositions explosives. Entre défense de la priorité nationale et craintes d'asphyxie pour les employeurs, ce contre-budget s'impose d'ores et déjà comme l'un des sujets centraux des discussions politiques et économiques à venir.

Source originale : Les Echos↗